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Mues

Stéphanie Lux (2020)

Sorry, this entry is only available in French.

There’s a crack in everything, that’s how the light gets in. Leonard Cohen 

Lézarder chimique camisole
d’un corps l’autre douloureux
senti 

Là c’est le commencement d’une réappropriation rébellion nouvelle phase renaissance je reprends le pouvoir corps animal contre industrie pharmaceutique je sens plus fort me sens plus forte sensible à la moindre odeur douleur crampe intérieure le sang la sueur me rappellent le sang la sueur d’une mammifère il y a treize ans qui nourrit sa petite. Et le profil inédit imprévu prévisible : une birkinisation tardive, idéale pour smoking seins nus (mais aucun tapis rouge à fouler alors, aucun ruban d’arrivée pour émouvant mère-athon). 

Lézarder fissure tissu
cicatriciel ailes
déchiquetées 

Là c’est le commencement de la fin d’une étrange histoire l’expulsion d’un cocon consolateur en période solitaire ascétique juste l’une pour l’autre être là par des mots même pas dits, sauf à la lecture d’un poème, un soir. Alors la voix trop douce va au devant de la catastrophe appuie sur le triangle qui taille le cœur comme un poinçon en confettis une rafale éparpille une porte claque les nuages sombrent le temps restera perdu restera l’étrangeté dans cette si belle ville « je veux être une fucking libellule » guérillère et game over. 

Lézarder jouer un autre
je élaguer changer
d’apparence 

Là c’est le besoin tardivement écouté de me laisser tranquille de laisser derrière moi ce qui m’encombre me dérange m’entrave étranges attributs destinés par d’autres à me définir. C’est comme une provocation soudain de sourires de regards (s’y réchauffer), c’est par certaines d’emblée se sentir acceptée, chez d’autres le réveil d’une intranquille inquiétude le besoin de commenter d’attribuer de ranger dans des cases sans rien qui dépasse surtout c’est pourtant simple s’il faut à toute force me dire : je suis un corps humain, un corps, humain, changeant, c’est tout. 

Lézarder révèle un
visage démasque une
pensée soudaine 

Là c’est peut-être le commencement de quelque chose peut-être pas car rien ne se passe comme prévu rien ne se passe il faut tout réapprendre apprendre à lire les signes qui n’en sont pas apprendre à lire être lue différemment prendre conscience des messages que j’envoie ma tête est un statement paraît-il, en tout cas le rêve l’imagination marchent à plein volume faute de mieux car la nuit ici, comme ailleurs, est morte, nulle part où danser, le cerveau envoie des corps amis à étreindre des images tatouées en couleurs de folles consolations mutuelles. 

Lézarder expose aux
regards refus retours une
ouverture 

Là c’est choisir optimiste de voir les possibles commencements les débuts maison vide effacer l’histoire oublier un temps ce qui peut l’être s’envelopper fragile de nouvelles visions se déclarer avec d’autres voix limpides limite impudiques qu’il faut pourtant, parfois, expliquer. C’est ne pas endosser de costumes hétérotaillés prêt-à-brusquer choisir une douce voix pour dire l’émoi entendre un refus réparateur et chaleureux l’accueillir car c’est la chaleur avant tout qui a manqué qui manque depuis tout ce temps. 

Lézarder rayon
curieuse irradiation et
doux radar 

Là c’est commencer à vouloir être capable de tout voir avec des yeux neufs les gens le monde les visages les objets la ville en relief ou portraits noir et blanc photos sur les murs d’idoles adolescentes, tout. La beauté du chien qui frissonne au bord du lac, poils dressés sur la tête, du renard qui fait des tours de stade devant les fenêtres de l’atelier le matin. La beauté des gens croisés un soir dans la rue. Là, j’aimerais voir cet endroit où je vis par ton regard que tu me dises ce que tu vois qui tu vois devant toi dis-moi, est-ce qu’on peut parler de mues si elles durent toute une vie ? 

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