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sidésiration

Stéphanie Lux (2020)

Sorry, this entry is only available in French.

Starre. Begehren.

Ensemble là-bas on a accéléré les mots, ceux des autres, les nôtres, les rires les gestes, senti l’angoisse monter aussi, sourdement. En partant tu m’as serrée fort contre toi, je suis rentrée.

Ici je n’écris plus : enfermée les mots ne sont d’aucun secours, de la tristesse à l’euphorie, de l’angoisse à la joie, mon amour est loin, mon amour est, je le dis parfois, je n’écris plus. 

Le chant le corps le souffle le corps en vie m’apaisent et me transportent. Les mots sur le papier, non. À peine si j’arrive à lire. L’esprit, j’y passe déjà ma vie, aucune envie d’y être plus encore.

Mais les mots d’amour, oui, les mots de sexe aussi comme des cadeaux, en plein jour en pleine nuit me soulèvent, m’emmènent ailleurs, me traduisent. Je te dis : traduis-moi.

Aujourd’hui je sombre à l’évidence de devoir attendre la réouverture des frontières pour s’offrir encore l’une à l’autre. Je n’en reviens pas. On n’en reviendra jamais tout à fait. 

Je me répète, comme un mantra : dès que possible, dès que possible.

 

Hey, träum, fühl, schreib : das ist jetzt Nähe 


La vie, annulée. 

Maintenant il faut : rester vivante, jouir à distance, à l’idée de s’abandonner à des mains des corps ces mots qu’on s’écrit. 

Maintenant il faut : m’aimer. Me blottir dans l’étreinte de mes draps. Consolation. Incubation. Tenir le journal des images que mon cerveau m’envoie.

Maintenant il faut : faire ce que je peux avec les forces du moment, puisque la situation s’installe redoubler d’efforts pour ne pas devenir dingue (de toi ?)

Tu me demandes : c’est quand la vie ?
La vie c’est tes mots, camarade, tes mots qui m’agrandissent le cœur. 

 

Sich treffen im Park, zu zweit
Kopf hoch! Das Weltall hat geöffnet.
Seltsames Tänzeln, Füße begrüßen
Kaffeebecher in der Hand, Staffelstab. 

 

Tu photographies les fleurs pousser, s’ouvrir, la rosée des feuilles couler des pétales, moi le ciel de Berlin courir les nuages. L’odeur sucrée du lilas me ramène à toi. 

Un matin endormie je tends la main vers mon réveil et ce sont les oiseaux qui chantent dans la cour. L’horloge de la cuisine : ton coeur qui bat dans ma main. 

Regarder la terre, regarder le ciel, voir la beauté du manque, d’une distance in(dis)pensable (le quotidien on en crèverait.) Moment de vérité, l’horizon en moins, la chambre vide ouverte à tous les fantasmes.

 

Schon wieder allein vorm Bildschirm
Finger auf Tastatur, die Bewegung fast zärtlich
Reicht es aber? 

 

Tu es ma chambre d’hôtel mon infini voyage
Je veux me souvenir de tout mon corps qui tremble de te prendre
Tes mains caressant mon dos l’une après l’autre
Je veux tout de toi, tout prendre et me donner 

Je t’envoie des images, des envies un scénario qui change un garçon en fille
une fille en garçon d’égale à égal
J’aimerais te toucher j’aimerais survivre à ce semblant de vie
En explosion permanente, potentielle

En attendant
Changer de tête changer de lieu comme un espoir, une embellie
Incubation, transformation


Einladung auf den Balkon
Eine Katze (eine Kerze?) auf dem Schoß
Eine Szene, noch nie dagewesen


Tôt ou tard on ne reprendra pas la vie là où on l’a laissée
Tôt ou tard on sinventera des formes d’être à nous
Tôt ou tard il y aura eu d’autres corps peut-être
Des fissures au cœur on passera à autre chose

 

 

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