{"id":16252,"date":"2021-06-04T11:25:11","date_gmt":"2021-06-04T09:25:11","guid":{"rendered":"https:\/\/stadtsprachen.de\/en\/?post_type=stsp_text&#038;p=16252"},"modified":"2021-06-18T12:25:38","modified_gmt":"2021-06-18T10:25:38","slug":"cecile-wajsbrot-keynote","status":"publish","type":"stsp_text","link":"https:\/\/stadtsprachen.de\/en\/text\/cecile-wajsbrot-keynote\/","title":{"rendered":"Keynote French ReConnection"},"content":{"rendered":"<p><strong>Keynote. PARATAXE Symposium VIII: French ReConnection, 5. Juni 2021<\/strong><\/p>\n<p>1<\/p>\n<p>On me demande de parler de Berlin alors qu\u2019au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces lignes cela fait huit mois que je n\u2019y suis pas revenue, le passage des fronti\u00e8res \u00e9tant soumis \u00e0 des r\u00e9glementations, en ces temps de Covid, qui entravent toute fluidit\u00e9 de circulation. Jamais je n\u2019ai pass\u00e9 autant de temps sans la ville depuis qu\u2019elle est entr\u00e9e dans ma vie, il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es\u2026 Ou plut\u00f4t une fois, d\u00e9j\u00e0, lorsqu\u2019un incendie dans l\u2019immeuble a rendu ma premi\u00e8re adresse berlinoise inhabitable. Je me souviens du retour en catastrophe \u00e0 Paris, de l\u2019arriv\u00e9e avec mon compagnon gare du Nord &#8211; il y avait encore des trains de nuit \u00e0 l\u2019\u00e9poque et ils passaient encore par la Belgique &#8211; avec un sac \u00e0 dos contenant quelques livres et quelques CD, tout ce qu\u2019il nous restait de cette premi\u00e8re \u00e9tape de vie \u00e0 Berlin, du petit appartement de Friedrichshain trouv\u00e9 en mars 2002, quatre ans auparavant, sans avoir longtemps cherch\u00e9, en un temps o\u00f9 presque personne ne voulait aller \u00e0 Berlin, o\u00f9 les rares fois o\u00f9 on entendait parler fran\u00e7ais, c\u2019\u00e9tait par des Canadiens. J\u2019avais la perspective de revenir dans le cadre du Berliner K\u00fcnstlerprogramm huit ou neuf mois plus tard mais c\u2019\u00e9tait une rupture dans le balancement qui s\u2019\u00e9tait install\u00e9 entre Paris et Berlin, une perte d\u2019\u00e9quilibre, une d\u00e9chirure, comme la fin d\u2019un r\u00eave &#8211; d\u2019une illusion, peut-\u00eatre.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui l\u2019appartement &#8211; dans le quartier de Sch\u00f6neberg cette fois (passage \u00e0 l\u2019Ouest &#8211; au d\u00e9but je me demandais s\u2019il fallait continuer de lire le Berliner Zeitung comme \u00e0 Friedrichshain ou s\u2019il fallait se mettre \u00e0 la lecture du Tagesspiegel) &#8211; l\u2019appartement est l\u00e0 mais vide, comme en suspens, en attente, je re\u00e7ois de temps en temps des photos que m\u2019envoie une amie qui y passe, comme d\u2019une connaissance un peu lointaine avec qui on souhaite garder contact, comme pour dire, Berlin existe encore, Berlin existe toujours.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2<\/p>\n<p>Caspar Friedrich Strasse. Ce roman est n\u00e9 de mon premier s\u00e9jour \u00e0 Berlin, en octobre\/novembre 2000. J\u2019en avais eu l\u2019id\u00e9e pour appuyer ma demande de bourse aupr\u00e8s de la Fondation de Genshagen, mettre en regard les ruines des tableaux de Caspar David Friedrich et les grues, les chantiers de Berlin aper\u00e7us lors d\u2019un premier passage, touristique celui-l\u00e0, en 1995. Pass\u00e9 et avenir, faire de Berlin l\u2019entrecroisement des temps. Mon s\u00e9jour de l\u2019automne 2000 fut une d\u00e9couverte passionn\u00e9e de la ville, je voulais \u00eatre all\u00e9e au moins une fois dans chaque quartier, y compris Reinickendorf, y compris Marzahn. Je passais le temps libre dont je disposais \u00e0 marcher et \u00e0 lire, reprenant connaissance de la langue par le journal, les livres, par la radio aussi &#8211; et quelques rencontres. Le soir avant de m\u2019endormir, je me r\u00e9citais les mots nouveaux que j\u2019avais appris dans la journ\u00e9e, il m\u2019en fallait au moins dix par jour. Et les deux derni\u00e8res semaines, j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire ce roman. Revenue \u00e0 Paris, me restait l\u2019enthousiasme de la d\u00e9couverte, les cartes postales reproduisant les tableaux de Caspar David Friedrich et le cahier o\u00f9 j\u2019avais commenc\u00e9 d\u2019\u00e9crire. Par l\u2019\u00e9criture du roman je pouvais ne pas quitter la ville, prolonger mon s\u00e9jour. Si je compare &#8211; sans les avoir relus &#8211; le livre d\u2019avant, Nation par Barb\u00e8s\/ Im Schatten der Tage, et Caspar Friedrich Strasse\/ Mann und Frau, den Mond betrachtend, je ne peux que constater la diff\u00e9rence d\u2019atmosph\u00e8re. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 un roman sur l\u2019immigration clandestine, la fermeture de la soci\u00e9t\u00e9, et qui se passe souvent dans le m\u00e9tro, dans les souterrains, dans l\u2019obscurit\u00e9 de la ville, de l\u2019autre un roman autour de la chute du mur, des ombres du pass\u00e9, des pr\u00e9monitions de l\u2019art, qui ouvre un horizon &#8211; une rue nouvelle &#8211; un espoir. Paris, ville ferm\u00e9e, Berlin, ville ouverte.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque, sur l\u2019une des cha\u00eenes de radio &#8211; m\u00eame les noms des stations ont chang\u00e9 depuis &#8211; le dimanche soir, je crois, il y avait une \u00e9mission consacr\u00e9e \u00e0 la retransmission de discours. C\u2019est ce qui m\u2019a donn\u00e9 l\u2019impulsion d\u2019\u00e9crire un roman sous forme de discours, l\u2019inauguration d\u2019une rue nouvelle dans Berlin, de faire une fiction consistant en la transcription d\u2019une parole orale en une parole \u00e9crite. Depuis, dans chacun de mes romans, je travaille la question de l\u2019oralit\u00e9 et de l\u2019\u00e9crit, \u00e0 chaque fois autrement. Le monologue du narrateur qui inaugure cette rue de Berlin s\u2019est d\u00e9multipli\u00e9 en voix anonymes qui interviennent d\u00e9sormais pour interrompre la narration &#8211; induisant des changements de rythme &#8211; et l\u2019enrichir. Depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es mes livres sont comme des partitions o\u00f9 alternent longs passages narratifs et brefs passages de voix crois\u00e9es qui se r\u00e9pondent ou se superposent, comme dans un op\u00e9ra o\u00f9 alterneraient orchestre et voix, r\u00e9citatif et chant. Je me posais depuis longtemps la question du dialogue dans le roman, qui sonne souvent artificiel, j\u2019avais tendance \u00e0 la r\u00e9soudre par son absence ou sa raret\u00e9. C\u2019est \u00e0 Berlin que m\u2019est apparue cette premi\u00e8re possibilit\u00e9 de transcrire l\u2019oralit\u00e9, qui s\u2019est ensuite d\u00e9velopp\u00e9e, ramifi\u00e9e La d\u00e9couverte de la musique contemporaine a certainement jou\u00e9 un r\u00f4le aussi. L\u2019exploration de nouvelles formes en ce domaine est plus syst\u00e9matique, plus audacieuse qu\u2019en litt\u00e9rature, dans notre si\u00e8cle ainsi que dans la deuxi\u00e8me partie du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent. Et c\u2019est \u00e0 Berlin que je l\u2019ai d\u00e9couverte &#8211; \u00e0 travers une pr\u00e9sence plus forte qu\u2019en France, en raison aussi de ma grande disponibilit\u00e9, durant ce premier long s\u00e9jour.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>4<\/p>\n<p>Il se trouve que Caspar Friedrich Strasse a \u00e9t\u00e9 mon premier livre traduit en allemand, il se trouve que cela s\u2019est fait un an apr\u00e8s mon installation partielle \u00e0 Berlin. Comme un signe que la ville me retournait. Je me souviens de cette lecture \u00e0 la Alte Nationalgalerie entour\u00e9e des tableaux de Caspar David Friedrich que je d\u00e9crivais dans le roman. Comme s\u2019il trouvait l\u00e0 sa destination v\u00e9ritable. En France, peu connaissaient la peinture romantique allemande, une critique avait m\u00eame parl\u00e9 du c\u00e9l\u00e8bre peintre Caspar Friedrich Strass. En France, le seul fait de donner \u00e0 un livre un titre allemand \u00e9tait une sorte de transgression, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, la langue allemande y \u00e9tant fondamentalement absente \u00e0 l\u2019exception de rares mots comme Ersatz, Achtung, li\u00e9s \u00e0 la guerre. Les choses ont un peu \u00e9volu\u00e9, depuis. La r\u00e9ception fut tout autre en Allemagne, je pourrais dire plut\u00f4t qu\u2019en Allemagne, il eut r\u00e9ception. Dans un portrait paru dans le Tagesspiegel, Steffen Richter soulignait l\u2019absence du pr\u00e9nom David, dans le titre fran\u00e7ais &#8211; raison pour laquelle il n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 repris tel quel en Allemagne, le livre s\u2019intitulant, Mann und Frau, den Mond betrachtend. Malgr\u00e9 mes explications &#8211; le nom complet suivi de Strasse \u00e9tait trop long et j\u2019avais appliqu\u00e9 l\u2019usage fran\u00e7ais des noms am\u00e9ricains, John Kennedy pour John Fitzgerald Kennedy ou Franklin Roosevelt pour Franklin Delano Roosevelt &#8211; il n\u2019\u00e9tait pas convaincu et moi-m\u00eame j\u2019avais pens\u00e9, apr\u00e8s avoir donn\u00e9 ce titre, tiens, comme par hasard c\u2019est David qui a disparu. Sous la plume de Steffen Richter cette disparition \u00e9tait devenue signifiante, et fut ensuite th\u00e9oris\u00e9e dans le m\u00eame sens par Ottmar Ette. C\u2019\u00e9tait celle de Perec, c\u2019\u00e9tait la tache aveugle du XX\u00b0 si\u00e8cle, l\u2019absence qui hante les consciences &#8211; du moins celles qui croient en l\u2019Histoire &#8211; et sur laquelle on tr\u00e9buche sur les pav\u00e9s des rues de Berlin et d\u2019autres villes allemandes. D\u00e8s le d\u00e9part, je crois, quelque chose de mon histoire familiale me liait \u00e0 Berlin. Non par le lieu m\u00eame &#8211; ma famille vient de Pologne &#8211; mais par l\u2019Histoire et le symbole. M\u00eame si mon grand-p\u00e8re maternel fut convoqu\u00e9 puis d\u00e9port\u00e9 par la police fran\u00e7aise avant de mourir \u00e0 Auschwitz, m\u00eame si c\u2019est en France que ma famille a v\u00e9cu la guerre et les pers\u00e9cutions, le nazisme y avait \u00e9videmment sa part, c\u2019est l\u00e0 Berlin que la conf\u00e9rence de Wannsee d\u00e9cr\u00e9tait les modalit\u00e9s de la solution finale, non loin de l\u2019endroit o\u00f9 nous sommes aujourd\u2019hui. La premi\u00e8re fois\u00a0 d\u2019ailleurs, que je suis all\u00e9e \u00e0 Berlin, apr\u00e8s avoir visit\u00e9 la maison de la conf\u00e9rence, je me demandais comment on pouvait se baigner dans le Wannsee. Depuis, je l\u2019ai fait, et je le vois comme une victoire des temps pr\u00e9sents sur le temps pass\u00e9, comme un signe que Berlin n\u2019est plus &#8211; dans mon inconscient personnel, dans l\u2019inconscient collectif &#8211; la capitale du Troisi\u00e8me Reich mais la ville d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Plus largement, je pouvais, en Allemagne, parler \u00e0 titre priv\u00e9 plus facilement de mon histoire familiale qu\u2019en France, avec les gens de ma g\u00e9n\u00e9ration ou plus jeunes, avec les Nachgeborene. De part et d\u2019autre de la catastrophe nous avions un probl\u00e8me ecommun &#8211; que faire d\u2019un tel h\u00e9ritage ? Cette dimension \u00e9tait \u00e9galement prise en compte publiquement en Allemagne \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 elle ne l\u2019\u00e9tait pas encore, en France. Le roman intitul\u00e9 La Trahison qui traitait de l\u2019amn\u00e9sie collective fran\u00e7aise sous couvert d\u2019une amn\u00e9sie individuelle fut parfois compris comme une simple histoire individuelle tandis que la r\u00e9ception de Der Verrat en Allemagne n\u2019est jamais pass\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du symbole. Parfois, en Allemagne, cette dimension se fait trop envahissante &#8211; on n\u2019est jamais contents. Car m\u00eame quand ce que j\u2019\u00e9cris n\u2019a aucun rapport avec l\u2019extermination des juifs d\u2019Europe, on a tendance \u00e0 y voir un rapport\u2026<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>5<\/p>\n<p>Berlin &#8211; j\u2019y suis retourn\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises, dans mes romans. Bri\u00e8vement en 2005 pour la gare de M\u00e9morial\/Aus der Nacht, dans l\u2019attente d\u2019un train en partance pour la Pologne, plus longuement dans un livre \u00e9crit \u00e0 partir de photographies de Brigitte Bauer, Fugue, o\u00f9 la narratrice souhaite recommencer sa vie \u00e0 Berlin. Puis en 2007 en \u00e9crivant L\u2019\u00efle aux mus\u00e9es, roman qui \u00e0 l\u2019image de ma vie se partage entre Berlin et Paris. Dans les chroniques de Berliner Ensemble, documentant une autre d\u00e9couverte de la ville dans les ann\u00e9es 2007\/2008. Et dans le roman Destruction\/Zerst\u00f6rung. \u00c0 chaque fois la ville agit comme une respiration, une ouverture &#8211; un horizon. \u00c0 chaque fois elle est aussi une sorte de parenth\u00e8se qui se referme. Peut-\u00eatre parce que, lorsque je viens \u00e0 Berlin, je sais que je vais en repartir. L\u2019illusion d\u2019une co\u00efncidence totale avec la ville, d\u2019un ancrage, d\u2019une installation s\u2019est \u00e9vanouie avec l\u2019incendie, peut-\u00eatre \u00e9tait-elle condamn\u00e9e d\u2019avance. J\u2019avais v\u00e9cu plus de quarante ans de ma vie sans Berlin, je ne pouvais ni les effacer ni pr\u00e9tendre \u00e0 une connaissance intime de la ville, du pays. Les chansons des ann\u00e9es 60 que je connaissais \u00e9taient fran\u00e7aises ou anglo-saxonnes, pas allemandes. Les \u00e9missions de t\u00e9l\u00e9vision que j\u2019\u00e9vitais ou que je suivais \u00e9taient fran\u00e7aises et non allemandes. Un mot me revenait toujours, d\u00e8s la premi\u00e8re fois, trop tard. Trop tard pour partir, quitter d\u00e9finitivement Paris, la France. Je ne sais pas pourquoi. Peut-\u00eatre parce que je me suis toujours sentie en exil en France et qu\u2019ajouter l\u2019exil \u00e0 l\u2019exil aurait signifi\u00e9 trop d\u2019errance ? Il y eut un temps o\u00f9 je souffrais de ce partage entre Paris et Berlin, o\u00f9 j\u2019aurais voulu d\u2019abord quitter Paris, mais des contraintes familiales &#8211; pr\u00e9texte, peut-\u00eatre &#8211; m\u2019en emp\u00eachaient. Et puis j\u2019ai voulu quitter Berlin. Mais l\u00e0 aussi, impossible. Je peux en partir parce que j\u2019y reviens. Parfois je pense au chant des sir\u00e8nes. Berlin est une ville dangereuse &#8211; apr\u00e8s avoir entendu son chant, on ne peut plus l\u2019oublier. Et tous ces mois o\u00f9 la seule libre circulation est &#8211; \u00e9tait ? &#8211; celle d\u2019un virus, Berlin et ma vie \u00e0 Berlin, une partie de ma vie me manque, et cela fait si longtemps qu\u2019elle est devenue presque abstraite.<\/p>\n<p>Au fond, c\u2019est peut-\u00eatre dans l\u2019\u00e9criture que je suis le plus fid\u00e8le \u00e0 Berlin, \u00e0 ma d\u00e9couverte des premiers temps. Non parce que certains de mes livres s\u2019y passent mais parce que l\u2019horizon que m\u2019a ouvert la ville, les territoires neufs qu\u2019elle m\u2019a fait d\u00e9couvrir, je continue de les explorer, je continue de chercher comment occuper l\u2019espace du roman autrement que par le trop-plein d\u2019une ville, d\u2019une vie, d\u2019une forme o\u00f9 tout serait d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9, je continue d\u2019avoir cette attention renouvel\u00e9e \u00e0 ma langue d\u2019\u00e9criture \u00e0 travers la pratique quotidienne d\u2019une autre langue &#8211; m\u00eame si la lecture, l\u2019\u00e9coute, la traduction m\u2019ont toujours accompagn\u00e9e. Berlin, en raison de l\u2019histoire de la ville et du pays o\u00f9 elle se trouve, en raison de sa topographie, c\u2019est une libert\u00e9 ch\u00e8rement acquise et toujours remise en question, c\u2019est une vigilance \u00e0 avoir et c\u2019est aussi mon parcours, mon chemin d\u2019\u00e9criture, tenter d\u2019aller vers la libert\u00e9, le mouvement, fuir le confort de la stagnation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Keynote. PARATAXE Symposium VIII: French ReConnection, 5. Juni 2021 1 On me demande de parler de Berlin alors qu\u2019au moment o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces lignes cela fait huit mois que je n\u2019y suis pas revenue, le passage des fronti\u00e8res \u00e9tant soumis \u00e0 des r\u00e9glementations, en ces temps de Covid, qui entravent toute fluidit\u00e9 de circulation. 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